Dans une France où gonfle la contestation de la « société à l’ancienne », la critique du service militaire et de la guerre est une constante qui culminera Pau après, en 1968. Jacques Brel, avec le talent démesuré et l’ironie féroce dont il fait preuve, s’y emploie lui aussi. Sur le mode lugubre d’une marche militaire en forme de tango, il égrene les absurdités de la vie militaire, jusqu’au bordel de campagne généreusement mis à disposition des appelés du contingent pendant les guerres d’Indochine et les « évènements » d’Afrique du Nord, encore toutes fraîches dans la mémoire collective. Le désarroi de l’individu face à une machine pour laquelle il n’est qu’un suivant, qu’un numéro pourrait-on dire y est parfaitement mis en scène.

Jacques Brel
Jacques Romain Georges Brel naît le 8 avril 1929 à Bruxelles.
Dès 1952, il a fait ses débuts dans divers cabarets bruxellois, mais il veut plus et part tenter sa chance à Paris. Sa liberté de ton, la puissance lyrique de ses interprétations et la violence des sentiments exprimés dans ses chansons, lui permettent de s’affirmer. En 1957, son deuxième 33 tours avec « Quand On N’a Que l’Amour » connaît un large succès (Grand Prix du Disque de l’Académie Charles-Cros) qui ne se s’arrêtera  plus. Brel enchaîne albums et tournées à un rythme infernal, jouant parfois plusieurs fois par jour, et cumulant jusqu’à plus de 300 concerts par an. La scène est un véritable exutoire pour cet artiste complexe et volcanique.
En 1964, il réalise ce titre « Au suivant », plaidoyer contre le servie militaire et ses dérives qui écrasent la personnalité trop sensible de certains appelés.
Le 21 août 1966, Jacques Brel, épuisé, arrête la scène mais n’arrête pas pour autant toute activité artistique continuant de publier des disques remarquables tant au niveau musical que littéraire et en devenant acteur de cinéma.
Il finira sa vie aux iles Marquises avant d’être emporté par la maladie.