L’affaire Weinstein et les prises de paroles qu’elle a suscitées font fortement vaciller l’édifice des dominations masculines. Et si la prochaine étape, pas si éloignée, était son effondrement ? La tâche est immense et s’impose. Dans le champ de la production artistique, la SACD recense depuis 2012 le nombre d’œuvres de femmes programmées dans le spectacle vivant, l’audiovisuel et le cinéma et observe les évolutions du nombre de femmes dirigeant des établissements culturels et audiovisuels. Cinq ans plus tard, le bilan n’est pas fameux. La brochure est titrée « Où sont les femmes ? Toujours pas là… ».

L’étude menée en partenariat avec le mouvement HF, le Laboratoire de l’Égalité et le Deuxième Regard, pointe les statistiques suivantes : sur tous les artistes programmés, seuls 7% sont des femmes, et seulement 1% des compositeurs sont des compositrices. Pourtant, en 2016, 52% des étudiant.e.s des écoles de l’enseignement supérieur en musique ou spectacle vivant sont des femmes. Alors, où sont passées les femmes ?
La chroniqueuse Aliette de Laleu remarquait récemment sur France Culture que les instruments sont encore « genrés » socialement, c’est à dire qu’ils sont associés à un genre féminin ou masculin. Dans les musiques actuelles on recense peu de batteuses ou de bassistes… Combien de jeunes filles ont intégré, par leur éducation ou le manque de modèles féminins dans l’espace public, d’être plus inhibées que les garçons, plus discrètes et sages ? En outre, le milieu de la musique est très masculin : les emplois – producteurs, programmateurs, directeur de salle, etc. – sont encore majoritairement occupés par des hommes. Outre leur place minime, les femmes qui parviennent à en acquérir une subissent évidemment le sexisme ordinaire et, parfois/souvent, la vulgarité présente dans le milieu. Alors, si presque rien n’a bougé depuis 5 ans, que faire ?… Le mouvement HF Ile de France travaille au quotidien pour sensibiliser les acteurs de la vie culturelle et artistique, les instances publiques et politiques sur cette question. Dans un communiqué récent, la Ministre de la culture Françoise Nyssen émet le souhait que le ministère ainsi que l’ensemble des institutions culturelles soient le « fer de lance de l’égalité entre les femmes et les hommes », via l’accès aux postes de responsabilités et moyens de création, la fin de la disparité des rémunérations, la sensibilisation auprès des étudiant.e.s des établissements d’enseignement supérieur Culture. Il faudra plus que des mots pour avancer : parlons aussi des moyens nécessaires à cette belle ambition et pour de vrais politiques éducatives. Les programmes éducatifs de Zebrock ont toujours intégré ces questions : nous allons encore mieux nous y astreindre… Et nous remarquons que les groupes qui s’inscrivent au Grand Zebrock, sont trop majoritairement masculins… Alors, musiciennes d’Île de France, osez ! Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 10 novembre, il est encore temps !

 

Pour découvrir l’étude de la SACD sur la place des femmes dans la culture : http://www.ousontlesfemmes.org/
Pour écouter la chronique d’Aliette de Laleu sur les instruments genrés : https://www.francemusique.fr/emissions/la-chronique-d-aliette-de-laleu/les-instruments-de-musique-ont-ils-un-genre-37605
Pour lire le communiqué de la Ministre de la culture Mme Nyssen : http://www.profession-spectacle.com/francoise-nyssen-lance-une-campagne-de-sensibilisation-contre-le-harcelement-sexuel/
Pour s’inscrire au Grand Zebrock : http://zebrock.org/accompagnement/grand-zebrock/musiciens-et-groupes-dile-de-france-le-grand-zebrock-2018-vous-attend/