Mars 1990, le premier concert jamais organisé par Zebrock accueillait Johan Asherton, folksinger parfait, fan de Bolan, Bowie, Dylan et Cohen, anglophile distingué, mélodiste hors pair à la voix de velours épais. Pas connu, à la marge d’un métier souvent aveugle, il est entouré d’une communauté de fans transis et soutenu par une poignée de fidèles qui l’accompagnent, lui permettent de donner des concerts, des conférences et surtout de continuer à sortir des disques raffinés. A l’éloge de la jeune scène qui nous est cher, nous préférons cette fois la révérence au travail d’orfèvre, à la patience d’artisan et au bon goût millésimé que propose son nouvel album juste paru, Passiontide. Guitares acoustiques, banjo parfois même un violon, une pointe d’électricité contenue et de percussions discrètes, claviers vintage et chœurs aériens sont convoqués pour napper dix chansons calmes, douces et tendres pleines d’histoires personnelles, d’observations intimes et de références cultivées (le rock mid-tempo de Rainbeaux, qui ouvre l’album sur le souvenir de Cherryl « Rainbeaux » Smith, actrice et musicienne attachante trop vite partie), avec toujours cette touche de mélancolie qui habite le chanteur depuis toujours.  Un premier clip du titre Nightfall, autre titre au tempérament rock feutré, a de quoi séduire et peut-être vous faire franchir le pas : achetez ce disque réalisé à compte d’auteur et parfaitement produit, offrez-le comme un cadeau secret et partageons ensemble ce trésor bien discret certes, mais très distingué. La classe.

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