Un week-end de fusion des genres et des cultures

Loué pour sa programmation éclectique et toujours sur le front de l’avant garde, le festival breton fêtait ses 40 ans avec le slogan « ‘nouveau depuis 1979 ».  Retour sur les coups de cœur d’un week-end d’hybridations et de surprises au gré de nos pérégrinations.

Jeudi, l’évènement attendu fait mouche : Alorïse Sauvage, la hip-hopeuse, chanteuse, danseuse (que dire ?) de Seine et Marne, toute neuve sur la scène musicale livrait une création espérée. Gagné : magnifique spectacle, avec des titres nouveaux, d’autres déjà repérés sur le web, subtils jeux avec les lumières et pulsion rythmique ininterrompue. Du bel art !

Vendredi, la soirée commence avec un étrange homme orchestre espagnol, Vurro, portant un crâne de taureau. Entouré de claviers, de tomes et cymbales, l’artiste en salopette de redneck joue de tout en même temps et propose un rock and roll drôle et exubérant, surprenant mais rapidement redondant.
Ekiti Sound nous fait rentrer soudain dans une atmosphère plus sérieuse. Le rappeur nigerian scande son texte sur un hip hop jazz fusion devant un v-jing hypnotique diffusant des corps dansants sur les rythmes complexes des tambours et des machines. Puis, coup de cœur du vendredi, Muthoni Drummer Queen nous éblouit. La chanteuse kenyane est accompagnée de deux MC Suisses masqués qui participent de la mise en scène. Deux choristes et deux danseuses accompagnent la reine de l’afro pop, qui propose un show millimétré sans oublier émotions et messages engagés. Attention, énorme reprise de The Message. 
 
Le samedi, ce sont les Psychotic Monks qui nous ont ébahis. Sortis lauréats encore adolescents du Grand Zebrock en 2014, ils jouaient au Cabaret Sauvage pour le Festival la musique en commun en mars 2017, puis sur la Scène Zebrock de la Fête de l’Humanité en 2017. En 2018, ils enchainaient Rock en Scène en août et les Trans en décembre. Un rock psychédélique intense où les corps électriques des jeunes musiciens se détachent comme des ombres chinoises sur la fumée blanche.
Sans oublier les funky Ajate, groupe d’afro funk japonais, Morena Leraba, surprenant berger du Lesotho qui jongle entre rap et trans chamanique, Fabrizio Rat mêlant piano classique et techno…