Actuellement sur les écrans, Django a les allures d’un biopic, mais pas que. Consacré à Django Reinhardt, le film se concentre sur une courte période de la vie du prodigieux guitariste, la plus dangereuse, la plus inquiétante, quand sous l’occupation, les Allemands lui tournent autour, prêts à la faire tourner dans les casernes allemandes, à l’y exhiber sans doute avec cette part de monstruosité sadique  dont les nazis étaient friands, avant sûrement de l’exterminer, comme le furent des centaines de milliers de ses frères Roms et Tsiganes. Pris dans la griserie d’un succès qui change sa vie, Django manque de se faire prendre au piège sonnant et trébuchant avant de chercher à fuir.
Histoire vraie augmentée de la part de fiction mélodramatique qui sied à la situation, Django est une réussite, en dépit de quelques lenteurs et lourdeurs de mise en scène. Remarquablement interprété par Reda Kateb, également guitariste vertigineux, et Cécile de France en belle fée amoureuse, nous y voyons aussi la frimousse rieuse de Johnny Montreuil – ce n’est rien de dire qu’il a la gueule de l’emploi, dans la fratrie manouche. Bon film émouvant et instructif, emmenez-y les ados, ils vous remercieront.