Avec une accroche d’allure provocatrice « Si chanter ça ne change rien du tout, alors autant le faire de manière spectaculaire » et un disque tout neuf sous le coude (après un tout premier, L’Ombre, en public !) Leila Huissoud poursuit le chemin de maturité emprunté voici quelques années dans les couloirs de The Voice par une presque fillette qui a depuis décidé qu’elle avait suffisamment de choses à dire pour embrasser une carrière artistique. Elle s’exprime dans un registre assez classique, presqu’à faire révérence à ses références, – l’éternel triptyque Brel, Brassens, Barbara notamment – mais aussi à des voix – et voies – plus contemporaines, notamment celle d’Agnès Bihl dont la marque est sensible. Questionnée par les vrais et faux semblants d’un métier qu’elle adore et qui lui semble souvent voiler un monde factice, inquiète de l’authenticité des rapports humains et amoureux et douée d’un véritable sens dramatique, elle livre avec cet Auguste teinté de rouge, comme un nez de clown, la forte démonstration d’un savoir faire et d’une maturité rares chez une toute jeune artiste. Entre ballade méditative guitare/piano, arrangements jazzy et quatuor de cordes les registres visités sont multiples et les ambiances diversifiées. Les chansons défilent avec une belle allure et composent un disque d’ores et déjà repéré comme un jalon dans le répertoire de la jeune chanson contemporaine. On notera une émouvante lettre amoureuse (Lettre à la Suisse), plein de clins d’yeux facétieux (Le vendeur de paratonnerre) et une revigorante déclaration d’intention artistique (Chianteuse).

Leila Huissoud – Auguste / Jaspir Prod/Label 440 : sortie novembre 2018