Twenyone / Bendo Music

Le premier album de la Chica, Cambio, est un kaléidoscope de genres et d’influences. Compositrice franco-vénézuélienne que nous avions découverte sur la Scène Zebrock de la Fête de l’Humanité en 2017, La Chica mêle avec caractère la fureur et la flamboyance des percussions et chants d’Amérique Latine et le sentiment d’introspection que procurent les harmonies synthétiques d’une pop occidentale, révélant un album contrasté, l’artiste passant avec aisance d’un chant de guerrière à un poème murmuré envoûtant. 

Les nappes sonores des synthétiseurs ouvrent sur un monde du souvenir rêvé ; c’est la saudade façon La Chica, un sentiment complexe où se mêlent mélancolie, nostalgie et espoir.

Sola : https://www.youtube.com/watch?v=HadAx__AbHk

Les polyphonies sont comme des strates de voix qui marquent les morceaux de la présence multiple de l’artiste. Les textes évoquent justement le paradigme de la présence et de l’absence : l’album s’ouvre après une courte introduction « Hay Algo » (Il y a quelque chose) sur « Sola », morceau dans lequel la Chica dit le désir d’être seule ; puis « Drink », tube en puissance, parle du besoin d’oublier l’absence de l’autre dans une transe rythmique venant tout droit d’Amérique du Sud. « Ratas », plus politique, raconte avec fureur la situation sociale au Venezuela, mais c’est aussi un positionnement de la Chica, partagée entre la France et le Venezuela : doit-elle être sur le sol pour partager les souffrances d’un peuple ? « Addict », clôt ce premier album tout en vagues d’émotions avec un morceau introspectif où l’absence est presque perceptible. Avec une voix toute en sensualité, la Chica ouvre une fenêtre sur son monde intime. Les graphismes de ses clips et pochettes d’albums en témoignent, tout en collages, déchirures, et couleurs, ils représentent bien la musique de l’artiste : un patchwork personnel façonné par un héritage, des cultures et des facettes multiples.