Il était une femme

Vingt ans de carrière, ça se fête ! Agnès Bihl que nous eûmes le bonheur d’accueillir sur la scène Zebrock de la Fête de l’Humanité, nous revient avec son meilleur album, Il était une femme, disque présenté le 8 mars dans une Cigale comble pour un concert précédé d’un forum pour les associations féministes. On ne se refait pas ! Le cœur toujours à gauche et l’ironie en bandoulière, la voici avec onze chansons : bien campée dans sa plénitude de femme accomplie (Ni parfaite, ni refaite), lézardée des chagrins d’amour et des sales coups de la vie (Echec et mat, Coup de vent), gaillarde et combattive devant les lieux communs du machisme (Top chrono), tendre dans le souvenir amoureux (Ainsi soit-elle), pudique à évoquer les vies de rien (Madame Léonie) enfin caustique et revêche avec un abrasif Ça va Manu ? Toutes ces facettes sur un disque, chapeau ! Encore une fois, Agnès Bihl use avec brio des mots et des expressions dans des textes où fond et forme sont régulièrement mis sens dessus-dessous et tête bèche pour un haut degré d’expressivité. Tour à tour elle nous bouleverse, nous surprend, nous amuse : son statut de plume des plus fines de la jeune scène française est confirmé. Dans un registre musical vierge de tout auto tune et à cent bornes des standards sonores en vigueur, Agnès suit son sillon, avec des compositions raffinées, celui de ses inspirations majeures, maîtres et maîtresses à chanter : Anne Sylvestre, Jean Ferrat, Brassens, Boby Lapointe,  Jacques Brel et Yves Jamait, parmi tant d’autres. Assurément un vaste public attendait ce disque et la tournée qui le suit. Le voici joliment comblé.